V

Une messagère chargée de transmettre de bonnes nouvelles et retoucher d’une note heureuse la grisaille de la terre, ne peut accomplir sa tâche que si dans son existence première, elle a réussi ses examens avec zèle et quelques atouts. Je travaillais avec la conscience d’une étoile qui occupe une place privilégiée dans ce grand univers. N’ayant pas de toit fixe, j’appartenais à ces tribus d’étoiles nomades qui sillonnent le ciel, auréolées de leurs châles scintillants, et de leurs talents de conteuses, de danseuses et de chanteuses.

Nous chantions Noël avec les anges. Nous dansions au rythme turbulent du vent. Et moi, telle une Shéherazade qui régnait jadis au pays des mille et une nuits, je racontais des histoires qui tenaient en éveil les oiseaux noctambules jusqu’aux premières lueurs de l’aube.
Le signal m’était alors donné de me taire. Du revers de mon châle j’effaçais toute trace de moi.
Les étoiles, c’est connu, présentent leur attraction de nuit. J’avais donc toute la journée pour préparer mon numéro, mes tours de magie et mon spectacle pour les touristes du soir.