PRÉFACE

Si ma Mémoire est bonne...
Hélas, la mémoire d'un acteur est parfois défaillante !
Néanmoins, à quelqu'un qui lui disait «je ne crois pas en Dieu» Padre Pio, le Saint Capucin aurait répondu:
«Mais Dieu croit en vous».

Quand on lit May Ménassa qui, elle, croit en Dieu, on peut être certain que Dieu croit en elle.

Pour raconter sa création, par exemple, il l'a prise pour messagère, lui confiant une petite fille et sa petite étoile, comme ange gardien. Ensemble elles vont parcourir des sentiers singuliers où l'imaginaire le dispute au réel, pour l'enchantement de l'esprit.

Tout comme l'écriture est née - affirment les libanais dans cet Orient-Proche, ou Moyen Orient-May Ménassa, nous permet d'assister à la renaissance d'un monde nouveau où sa petite-fille, sans cesse émerveillée, se fait un devoir d'enseigner aux adultes, aux hommes en particulier, avec une grâce exquise, un humour transparent, sa lente et délicate accession vers la terre, la vie, l'espérance, le premier souffle, le premier cri.

Conte pour les grands ? Certes. mais qui sont-ils ces «Grands» ? sinon d'anciens «Petits» qui on parfois gardé un peu d'enfance et le désir de la retrouver le temps d'une lecture.

Conte pour les petits ? tout aussi bien. On sait que les petits enfants, depuis qu'existe le monde, n'aspiraient qu'à y grandir.

Alors lisez «Dans le jardin de sarah» et... décidez
vous-mêmes.

Notre bonheur - les français sont volontiers vaniteux à cet égard - c'est de découvrir à chaque instant, que May Ménassa, quand elle décide d'écrire directement en «français» ... garde le même charme, les subtitilés savoureuses de sa langue originelle, l'arabe, le goût des images, le chatoiement des mots de ce Liban où elle est née.

Et quand aux dessins d'Emile Adaimy, qui animent, illustrent et font vivre les personnages et les scènes de l'histoire, ils ont une éloquence, que ne peut leur disputer aucun «préfacier» aussi admiratif soit-il.

JEAN PIAT